Innovation médicale dans le Grand Est : Implantation d’une bioprothèse mitrale transcathèter

Date de publication

L’implantation d’une bioprothèse mitrale transcathèter chez des patients non opérables conventionnellement constitue une réelle avancée dans la prise en charge des insuffisances mitrales. Cette technique de pointe développée depuis moins de 3 ans dans le monde allie le bénéfice d’une chirurgie conventionnelle aux gestes moins invasifs des techniques endovasculaires. 

En novembre dernier, la première implantation de l’Est de la France a été réalisée au bloc opératoire de l’Hôpital-Clinique Claude Bernard (Groupe ELSAN) par l’équipe médico-chirurgicale cardio-vasculaire. La patiente, âgée de 75 ans, ne pouvait pas bénéficier d’une chirurgie conventionnelle, et a donc bénéficié de cette technique de pointe.  « L’implantation d’une bioprothèse mitrale transcathèter allie le bénéfice d’une chirurgie conventionnelle au caractère moins invasif des techniques endovasculaires. La prothèse est insérée dans le cœur via l’apex du ventricule gauche, par le biais d’une mini thoracotomie sous-mammaire. La procédure est guidée par l’échographie qui permet de suivre toutes les étapes de la procédure, de l’abord jusqu’à la mise en place puis le largage de la prothèse. Les résultats initiaux de cette technique en développement sont excellents » précisent les Drs Laurent et Delesalle.

La pose du dispositif est effectuée par plusieurs médecins formés à la procédure – un anesthésiste-réanimateur, des chirurgiens cardiaques, cardiologue échographiste et cardiologue interventionnel. Fort de la mutualisation des compétences de cette équipe pluridisciplinaire et hyper-spécialisée, cette nouvelle technique a permis à la patiente présentant un risque chirurgical prohibitif, de pouvoir bénéficier d’une intervention cardiaque sans que le cœur ne soit arrêté, sans circulation extra-corporelle. « La sélection des patients éligibles à cette intervention est le fruit d’une concertation multidisciplinaire au sein de l’équipe de cardiologie » indique Docteur Laurent.

Pour mémoire, le traitement des valvulopathies mitrales* a connu une évolution il y a 10 ans avec l’abandon de la sternotomie médiane au profit d’un abord mini invasif vidéo-assisté pour réaliser chirurgicalement les réparations ou remplacement de cette valve. 
De la même manière, la technique du Mitraclip® a permis de corriger l’atteinte valvulaire de patients inopérables sans avoir recours à une chirurgie à cœur ouvert.
L’avènement du remplacement valvulaire mitral par voie transcathèter (bioprothèse Tendyne®, Abbott) constitue une nouvelle avancée importante pour les patients non éligibles à la chirurgie ou à la réparation par clip mitral.   « Cette nouvelle technologie de remplacement de la valve mitrale native offre une option de traitement sûre et efficace lorsque d'autres ne sont pas disponibles » ajoute Docteur Laurent. Quelque 500 patients dans le monde (en Australie, aux Etats-Unis et en Europe) ont bénéficié de cette technique.

*Parmi les maladies cardio-vasculaires, les valvulopathies – maladies des valves cardiaques - peuvent être à l’origine de complications cardiaques graves et d’une augmentation du risque de décès. Deux dysfonctionnements les caractérisent : le rétrécissement et l’insuffisance (ou fuite mitrale), entraînant une dilatation et une fatigue du cœur. 
« Le fardeau de l’insuffisance mitrale impacte lourdement les patients porteurs d’une valvulopathie, significative chez 10% des plus de 70 ans. Son évolution est étroitement liée à l’insuffisance cardiaque qui peut en être la cause ou la conséquence et dont l’évolution sans traitement est grevée d'un taux de mortalité important de l’ordre de 20% » souligne le Docteur Nicolas Laurent, chirurgien cardio-vasculaire à l’Hôpital-Clinique Claude Bernard. 
Les patients atteints d’insuffisance mitrale sévère ont des options de traitement parfois limitées et se voient refuser une intervention chirurgicale en raison de leur état de santé ou de leur âge avancé.
« Le pronostic défavorable de cette valvulopathie est souvent lié à un diagnostic tardif de la maladie, ou à l’absence de sollicitation précoce d’un avis auprès d’une équipe ayant accès à toutes les techniques chirurgicales ou structurelles. Le recours à un laboratoire d’échocardiographie formé à toutes les techniques d’échographies interventionnelles est indispensable pour proposer au patient un projet thérapeutique personnalisé et optimisé » expose le Dr Géraud Delesalle, cardiologue échographiste à l’Hôpital-Clinique Claude Bernard.

CP ELSAN du 17/02/2022

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